Fragment Commencement n° 11 / 16  – Papier original : RO 63-4

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : Commencement n° 222 p. 79 / C2 : p. 104

Éditions de Port-Royal : Chap. XXVIII - Pensées Chrétiennes : 1669 et janv. 1670 p. 247 / 1678 n° 22 p. 239

Éditions savantes : Faugère I, 121, CXXXIX / Havet XXIV.98 / Brunschvicg 221 / Tourneur p. 226-3 / Le Guern 150 / Lafuma 161 / Sellier 193

 

 

 

Les athées doivent dire des choses parfaitement claires. Or il n’est point parfaitement clair que l’âme soit matérielle.

 

 

Pascal a noté dans Commencement 1 que les athées doivent être étrangement forts en raison ; il ajoute ici que, sur la question cruciale de la nature de l’âme, ils sont loin d’être aussi clairs qu’ils devraient l’être. C’est une autre manière de montrer que l’athéisme est une marque de force d’esprit, mais qu’il cesse de l’être à un certain point.

 

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Fragments connexes

 

Commencement 1 (Laf. 150, Sel. 183). Les impies qui font profession de suivre la raison doivent être étrangement forts en raison.

Commencement 7 (Laf. 157, Sel. 189). Athéisme marque de force d’esprit, mais jusqu’à un certain degré seulement.

Soumission 4 (Laf. 170, Sel. 201). Soumission. Il faut savoir douter où il faut, assurer où il faut, en se soumettant où il faut. Qui ne fait ainsi n’entend pas la force de la raison. Il y [en] a qui faillent contre ces trois principes, ou en assurant tout comme démonstratif, manque de se connaître en démonstration, ou en doutant de tout, manque de savoir où il faut se soumettre, ou en se soumettant en tout, manque de savoir où il faut juger.

Soumission 16 (Laf. 182, Sel. 213). Il n’y a rien de si conforme à la raison que ce désaveu de la raison.

Soumission 23 (Laf. 188, Sel. 220). La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent, elle n’est que faible si elle ne va jusqu’à connaître cela.

Que si les choses naturelles la surpassent, que dira-t-on des surnaturelles ?

Transition 4 (Laf. 199, Sel. 230). Car il est impossible que la partie qui raisonne en nous soit autre que spirituelle et quand on prétendrait que nous serions simplement corporels cela nous exclurait bien davantage de la connaissance des choses, n’y ayant rien de si inconcevable que de dire que la matière se connaît soi-même. Il ne nous est pas possible de connaître comment elle se connaîtrait. […] Qui ne croirait à nous voir composer toutes choses d’esprit et de corps que ce mélange là nous serait bien compréhensible. C’est néanmoins la chose qu’on comprend le moins ; l’homme est à lui‑même le plus prodigieux objet de la nature, car il ne peut concevoir ce que c’est que corps et encore moins ce que c’est qu’esprit, et moins qu’aucune chose comment un corps peut être uni avec un esprit. C’est là le comble de ses difficultés et cependant c’est son propre être.

 

Mots-clés : ÂmeAthéeClairMatériel.