Fragment Contrariétés n° 1 / 14 – Le papier original est perdu

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : Contrariétés n° 162 et 163 p. 45 / C2 : p. 65

Éditions de Port-Royal : Chap. XXIII - Grandeur de l’homme : 1669 et janv. 1670 p. 182 / 1678 n° 8 p. 177-178

Éditions savantes : Faugère II, 90, XXVI / Havet I.8 / Michaut 885 / Brunschvicg 423 / Le Guern 110 / Lafuma 119 / Sellier 151

 

 

 

 

 

Dans l’édition de Port-Royal

 

Chap. XXIII - Grandeur de l’homme : 1669 et janv. 1670 p. 182 / 1678 n° 8 p. 177-178

       

 

Différences constatées par rapport au manuscrit original

 

Ed. janvier 1670 1

Transcription selon les Copies C1 et C2

 

 

 Que l’homme donc s’estime son prix. Qu’il s’aime ; car il a en lui une nature capable de bien ; mais qu’il n’aime pas pour cela les bassesses qui y sont. Qu’il se méprise ; parce que cette capacité est vide ; mais qu’il ne méprise pas pour cela cette capacité naturelle. Qu’il se haïsse ; qu’il s’aime : il a en lui la capacité de connaître la vérité, et d’être heureux ; mais il n’a point de vérité ou constante ou satisfaisante. Je voudrais donc porter l’homme à désirer d’en trouver, à être prêt et dégagé de 2 passions pour la suivre où il la trouvera ; et sachant combien sa connaissance s’est obscurcie par les passions, je voudrais qu’il haït en soi la concupiscence qui la détermine d’elle-même ; afin qu’elle ne l’aveuglât point en faisant son choix, et qu’elle ne l’arrêtât point quand il aura choisi.

 

Après avoir montré la bassesse et la grandeur de l’homme.

 

Que l’homme maintenant s’estime son prix. Qu’il s’aime, car il y a en lui une nature capable de bien, mais qu’il n’aime pas pour cela les bassesses qui y sont. Qu’il se méprise, parce que cette capacité est vide, mais qu’il ne méprise pas pour cela cette capacité naturelle. Qu’il se haïsse, qu’il s’aime. Il a en lui la capacité de connaître la vérité et d’être heureux, mais il n’a point de vérité ou constante ou satisfaisante.

Je voudrais donc porter l’homme à désirer d’en trouver, à être prêt et dégagé de passions pour la suivre où il la trouvera, sachant combien sa connaissance s’est obscurcie par les passions. Je voudrais bien qu’il haït en soi la concupiscence, qui le détermine d’elle‑même, afin qu’elle ne l’aveuglât point pour faire son choix et qu’elle ne l’arrêtât point quand il aura choisi.

 

 

1 Conventions : rose = glose des éditeurs ; vert = correction des éditeurs ; marron = texte non retenu par les éditeurs.

2 P-R 1678 : des.

 

Commentaire

 

L’édition de 1670, qui transcrit « la détermine », ne suit pas la copie C1, qui donne « le détermine » ; le pronom cesse alors de renvoyer à « l’homme » pour désigner « sa connaissance ». Les éditeurs ne suivent pas non plus la correction portée par le réviseur sur C2. Il est difficile de dire si c’est parce qu’ils n’ont pas utilisé C2, ou si c’est parce que l’expression « la concupiscence qui se détermine d’elle-même » n’a pas de sens.