Fragment Philosophes n° 1 / 8 – Papier original : RO 197-2

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : Philosophes n° 193 p. 61 / C2 : p. 85

Éditions savantes : Faugère II, 315, VI / Havet XXV.43 / Michaut 428 / Brunschvicg 466 / Tourneur p. 213-1 / Le Guern 130 / Lafuma 140 / Sellier 172

 

 

 

Quand Épictète aurait vu parfaitement bien le chemin, il dit aux hommes : Vous en suivez un faux. Il montre que c’en est un autre, mais il n’y mène pas. C’est celui de vouloir ce que Dieu veut. Jésus‑Christ seul y mène. Via veritas.

 

 

Pascal prend ici position dans le débat moral qui tourne autour du stoïcisme païen, que certains philosophes et théologiens ont voulu ranimer au XVIIe siècle. Il concède au stoïcien Épictète qu’il a bien compris que la seule morale saine consistait à vouloir ce que Dieu veut et à se conformer à ses préceptes ; mais il lui reproche de ne pas avoir su aller au-delà de ce principe. La véritable sagesse consiste bien à conformer sa volonté à celle de Dieu, mais il y faut le secours d’un médiateur qui indique le chemin à suivre, qui est le Christ.

 

Via veritas : voir Jean, XIV, 6. « Dicit ei Jesus : Ego sum via et veritas et vita » (Jésus lui dit : Je suis la voie, la vérité, et la vie).

 

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Fragments connexes

 

Philosophes 5 (Laf. 143, Sel. 176). Philosophes. Nous sommes pleins de choses qui nous jettent au-dehors.

Notre instinct nous fait sentir qu'il faut chercher notre bonheur hors de nous. Nos passions nous poussent au-dehors, quand même les objets ne s'offriraient pas pour les exciter. Les objets du dehors nous tentent d'eux-mêmes et nous appellent quand même nous n'y pensons pas. Et ainsi les philosophes ont beau dire : rentrez-vous en vous-mêmes, vous y trouverez votre bien ; on ne les croit pas et ceux qui les croient sont les plus vides et les plus sots.

Excellence 1 (Laf. 189, Sel. 221). Dieu par J.-C. Nous ne connaissons Dieu que par J.-C. Sans ce médiateur est ôtée toute communication avec Dieu. Par J.-C. nous connaissons Dieu. Tous ceux qui ont prétendu connaître Dieu et le prouver sans J.-C. n'avaient que des preuves impuissantes. […] Mais par J.-C. et en J.-C. on prouve Dieu et on enseigne la morale et la doctrine. J.-C. est donc le véritable Dieu des hommes.

Mais nous connaissons en même temps notre misère, car ce Dieu-là n'est autre chose que le réparateur de notre misère. Ainsi nous ne pouvons bien connaître Dieu qu'en connaissant nos iniquités.

Excellence 3 (Laf. 190, Sel. 223). C'est ce que produit la connaissance de Dieu qui se tire sans J.-C. qui est de communiquer sans médiateur avec le Dieu qu'on a connu sans médiateur. Au lieu que ceux qui ont connu Dieu par médiateur connaissent leur misère.

Excellence 4 (Laf. 191, Sel. 224). Il est non seulement impossible mais inutile de connaître Dieu sans J. C.

 

Mots-clés : CheminDieuÉpictèteFauxHommeJésus-ChristVérité Voie.