Fragment Raisons des effets n° 12 / 21 - Papier original : RO 231-4

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : Raisons des effets n° 123 p. 33 v° et 35 / C2 : p. 51-52

Éditions savantes : Faugère I, 219, CXXXII / Havet V.2 bis / Michaut 497 / Brunschvicg 328 / Tourneur p. 190-3 / Le Guern 86 / Lafuma 93 / Sellier 127

 

 

 

Raison des effets.

 

Renversement continuel du pour au contre.

 

Nous avons donc montré que l’homme est vain par l’estime qu’il fait des choses qui ne sont point essentielles. Et toutes ces opinions sont détruites.

Nous avons montré ensuite que toutes ces opinions sont très saines et qu’ainsi toutes ces vanités étant très bien fondées, le peuple n’est pas si vain qu’on dit. Et ainsi nous avons détruit l’opinion qui détruisait celle du peuple.

Mais il faut détruire maintenant cette dernière proposition et montrer qu’il demeure toujours vrai que le peuple est vain, quoique ses opinions soient saines, parce qu’il n’en sent pas la vérité où elle est et que, la mettant où elle n’est pas, ses opinions sont toujours très fausses et très mal saines.

 

 

 

Ce fragment semble prendre la suite du fragment Raisons des effets 9 (Laf. 90, Sel. 124), Raison des effets. Gradation, sur les opinions du peuple qui honore les personnes de grande naissance, des demi‑habiles qui les méprisent, disant que la naissance n’est pas un avantage de la personne, mais du hasard, des habiles qui les honorent, non par la pensée du peuple, mais par la pensée de derrière, des dévots et des chrétiens parfaits. Pascal insistait alors sur la nature des opinions du peuple, des demi-habiles et des habiles. Raisons des effets 12 prend la suite de Raisons des effets 9 en repartant de la proposition des demi-habiles sur la vanité du peuple, puis en détruisant l’opinion des demi-habiles, enfin en remontant à l’opinion des habiles, qui admet que le peuple a raison, mais pour de mauvaises raisons. L’accent porte à présent surtout sur sur la validité de chaque point de vue, et sur l’évaluation qu’à chaque étape, on fait des autres points de vue. Par rapport aux autres, ce fragment comporte une perspective instruite et critique : alors que Raisons des effets 9 touche essentiellement la substance des différentes opinions, selon la gradation des points de vue, le fragment Raisons des effets 12 traite surtout de la manière dont chacune des opinions est pensée, avec ses côtés sains et défectueux.

 

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Fragments connexes

 

Raisons des effets 9 (Laf. 90, Sel. 124). Raison des effets. Gradation. Le peuple honore les personnes de grande naissance. Les demi‑habiles les méprisent, disant que la naissance n’est pas un avantage de la personne, mais du hasard. Les habiles les honorent, non par la pensée du peuple, mais par la pensée de derrière. Les dévots, qui ont plus de zèle que de science, les méprisent, malgré cette considération qui les fait honorer par les habiles, parce qu’ils en jugent par une nouvelle lumière que la piété leur donne. Mais les chrétiens parfaits les honorent par une autre lumière supérieure.

Ainsi se vont les opinions succédant du pour au contre, selon qu’on a de lumière.

Raisons des effets 13 (Laf. 94, Sel. 128). Opinions du peuple saines.

Le plus grand des maux est les guerres civiles.

Elles sont sûres si on veut récompenser les mérites, car tous diront qu’ils méritent. Le mal à craindre d’un sot qui succède par droit de naissance n’est ni si grand, ni si sûr.

Raisons des effets 14 (Laf. 95, Sel. 129). Opinions du peuple saines.

 

Mots-clés : Raison des effetsRenversement du pour au contreHommeVanitéOpinionDétruireVéritéFausseté.