Preuves par les Juifs VI  – Fragment n° 1 / 15 – Le papier original est perdu

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 53 p. 253 / C2 : p. 469

Éditions savantes : Faugère II, 145, XIII ; II, 310, XXXV  / Michaut 921 et 922 / Brunschvicg 588 bis et 713 bis / Le Guern 426 et 427 / Lafuma 458 et 459 (série XI) / Sellier 697

 

 

 

Contrariétés.

 

Sagesse infinie et folie de la religion.

 

Sophonie, 3, 9.

Je donnerai mes paroles aux gentils, afin que tous me servent d’une seule épaule.

 

Ézéchiel, 37, 25.

David, mon serviteur, sera éternellement prince sur eux.

 

Exode, 4, 22.

Israël est mon fils premier né.

 

Jérémie, 7, 4.

N’ayez point confiance aux paroles de mensonge de ceux qui vous disent : « le temple du Seigneur, le temple du Seigneur, le temple du Seigneur sont. »

 

 

Recueil de citations de l’Ancien Testament relatives à la condition des Juifs, qui répondent au titre principal dans la mesure où elles mentionnent d’un côté la réprobation des Juifs tout dévoués à leur Temple et l’adoption des Gentils, et de l’autre le fait que David sera « éternellement prince ».

 

Analyse détaillée...

 

Fragments connexes

 

Preuves de Moïse 2 (Laf. 291, Sel. 323). Cette religion si grande en miracles, saints, purs, irréprochables, savants et grands témoins, martyrs, rois, David, établis, Isaïe prince du sang, si grande en science après avoir étalé tous ses miracles et toute sa sagesse elle réprouve tout cela et dit qu’elle n’a ni sagesse, ni signe, mais la croix et la folie.

Car ceux qui par ces signes et cette sagesse ont mérité votre créance et qui vous ont prouvé leur caractère, vous déclarent que rien de tout cela ne peut nous changer et nous rendre capable de connaître et aimer Dieu que la vertu de la folie de la croix, sans sagesse ni signe et point non les signes sans cette vertu. Ainsi notre religion est folle en regardant à la cause efficace et sage en regardant à la sagesse qui y prépare.

Preuves par discours I (Laf. 418, Sel. 680). Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison ; ils déclarent en l’exposant au monde que c’est une sottise, stultitiam, et puis vous vous plaignez de ce qu’ils ne la prouvent pas. S’ils la prouvaient ils ne tiendraient pas parole. C’est en manquant de preuve qu’ils ne manquent pas de sens.

Prophéties VI (Laf. 489, Sel. 735). Jér. 7. N’ayez point confiance aux paroles de mensonge de ceux qui vous disent : le temple du Seigneur, le temple du Seigneur, le temple du Seigneur sont.

Pensées diverses (Laf. 695, Sel. 574). Le péché originel est folie devant les hommes, mais on le donne pour tel. Vous ne me devez donc pas reprocher le défaut de raison en cette doctrine, puisque je la donne pour être sans raison. Mais cette folie est plus sage que toute la sagesse des hommes, sapientius est hominibus. Car, sans cela, que dira-t-on qu’est l’homme ? Tout son état dépend de ce point imperceptible. Et comment s’en fût-il aperçu par sa raison, puisque c’est une chose contre la raison, et que sa raison, bien loin de l’inventer par ses voies, s’en éloigne, quand on le lui présente ?

Pensées diverses (Laf. 745, Sel. 618). Sur le nom de Salomon de Tultie.

Miracles II (Laf. 842, Sel. 427). Notre religion est sage et folle, sage parce que c'est la plus savante et la plus fondée en miracles, prophéties, etc., folle parce que ce n'est point tout cela qui fait qu'on en est. Cela fait bien condamner ceux qui n'en sont pas, mais non pas croire ceux qui en sont. Ce qui les fait croire est la croix - ne evacuata sit crux. Et ainsi saint Paul qui est venu en sagesse et signes dit qu'il n'est venu ni en sagesse ni en signes, car il venait pour convertir, mais ceux qui ne viennent que pour convaincre peuvent dire qu'ils viennent en sagesse et signes.

 

Mots-clés : ContrariétéDavidEspritÉternitéExodeÉzéchielFolieGentilsIsraëlJérémieMaîtreMensongeParoleReligionSagesseSeigneurSophonieTemple.