Preuves par les Juifs VI  – Fragment n° 10 / 15 – Le papier original est perdu

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 61’ p. 256 / C2 : p. 471 v°-473

Éditions savantes : Faugère II, 19 ; II, 158, XXXII / Havet XXIV.10  / Michaut 929 et 930 / Brunschvicg 574 et 500 / Le Guern 437 et 438 / Lafuma 472 et 473 (série XI) / Sellier 709 et 710

 

 

 

Grandeur.

 

La religion est une chose si grande qu’il est injuste que ceux qui ne voudraient pas prendre la peine de la chercher, si elle est obscure, en soient privés. De quoi se plaint‑on donc si elle est telle qu’on la puisse trouver en la cherchant ?

 

L’intelligence des mots de bien et de mal.

 

 

Deux notes également difficiles à interpréter, en l’absence de contexte explicite.

La première paraît être une ébauche de dialogue, relatif au problème de la recherche de la vraie religion, sous un angle amplement traité dans le fragment Preuves par discours II (Laf. 427, Sel. 681). La deuxième fait sans doute référence à la Genèse.

 

Analyse détaillée...

 

Fragments connexes

 

 

Preuves par discours II (Laf. 427, Sel. 681). L’immortalité de l’âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu’il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l’indifférence de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes si différentes, selon qu’il y aura des biens éternels à espérer ou non, qu’il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement, qu’en la réglant par la vue de ce point, qui doit être notre dernier objet.

Ainsi notre premier intérêt et notre premier devoir est de nous éclaircir sur ce sujet, d’où dépend toute notre conduite. Et c’est pourquoi, entre ceux qui n’en sont pas persuadés, je fais une extrême différence de ceux qui travaillent de toutes leurs forces à s’en instruire, à ceux qui vivent sans s’en mettre en peine et sans y penser.

Preuves par les Juifs VI (Laf. 467, Sel. 704). Après la corruption dire, il est juste que tous ceux qui sont en cet état le connaissent, et ceux qui s’y plaisent, et ceux qui s’y déplaisent, mais il n’est pas juste que tous voient la rédemption.

Pensées diverses (Laf. 634, Sel. 527). La coutume fait les maçons, soldats, couvreurs, C’est un excellent couvreur, dit-on, et en parlant des soldats : ils sont bien fous, dit-on, et les autres au contraire : il n’y a rien de grand que la guerre, le reste des hommes sont des coquins. À force d’ouïr louer en l’enfance ces métiers et mépriser tous les autres on choisit. Car naturellement on aime la vertu et on hait la folie ; ces mots mêmes émeuvent; on ne pèche qu’en l’application.

Pensées diverses (Laf. 669, Sel. 548). Il faut, en tout dialogue et discours, qu’on puisse dire à ceux qui s’en offensent : De quoi vous plaignez‑vous ?

Miracles III (Laf. 905, Sel. 450). Pyrrhonisme.

Chaque chose est ici vraie en partie, fausse en partie. La vérité essentielle n'est point ainsi, elle est toute pure et toute vraie. Ce mélange la détruit et l'anéantit. Rien n'est purement vrai et ainsi rien n'est vrai en l'entendant du pur vrai. On dira qu'il est vrai que l'homicide est mauvais : oui, car nous connaissons bien le mal et le faux. Mais que dira-t-on qui soit bon ? La chasteté ? Je dis que non, car le monde finirait. Le mariage ? non, la continence vaut mieux. De ne point tuer ? non, car les désordres seraient horribles, et les méchants tueraient tous les bons. De tuer ? non, car cela détruit la nature. Nous n'avons ni vrai, ni bien que en partie, et mêlé de mal et de faux.

 

Pensée n° 8H-19T (recto) (Laf. 919, Sel. 751). Eritis sicut dii scientes bonum et malum ; tout le monde fait le Dieu en jugeant : cela est bon ou mauvais et s’affligeant ou se réjouissant trop des événements.

 

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