Pensées diverses VII – Fragment n° 4 / 10 – Papier original : RO 43-1

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 180 p. 419-419 v° / C2 : p. 393 v°

Éditions savantes : Faugère II, 329, XXXVI / Havet XXV.101 / Brunschvicg 519 / Tourneur p. 132-1 / Le Guern 663 / Lafuma 807 (série XXIX) / Sellier 654

 

 

 

Joh., 8.

 

Multi crediderunt in eum.

Dicebat ergo Jesus : Si manseritis... vere mei discipuli eritis... et veritas liberabit vos.

Responderunt : Semen Abrahae sumus et nemini servivimus unquam.

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Il y a bien de la différence entre les disciples et les vrais disciples. On les reconnaît en leur disant que la vérité les rendra libres. Car s’ils répondent qu’ils sont libres et qu’il est en eux de sortir de l’esclavage du diable, ils sont bien disciples, mais non pas vrais disciples.

 

 

À partir de l’Évangile de saint Jean, Pascal précise ici la différence entre les disciples et les vrais disciples de Jésus-Christ. Ils ont en commun de croire, mais ils diffèrent en ce que les vrais disciples du Christ admettent humblement que le secours de la grâce leur est nécessaire, alors que les simples disciples croient qu’il est en leur pouvoir d’échapper à la domination de la concupiscence.

 

Multi crediderunt in eum. Dicebat ergo Jesus : Si manseritis... vere mei discipuli eritis... et veritas liberabit vos. Responderunt : Semen Abrahae sumus et nemini servivimus unquam : Beaucoup crurent en lui. Jésus leur disait donc : Si vous demeurez, vous serez véritablement mes disciples, et la vérité vous rendra libres. Ils lui répondirent : Nous sommes de la race d’Abraham, et nous n’avons jamais été esclaves de personne.

 

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Fragments connexes

 

Loi figurative 9 (Laf. 253, Sel. 285). Figures.

Jésus-Christ leur ouvrit l’esprit pour entendre les Écritures.

Deux grandes ouvertures sont celles-là :

1. Toutes choses leur arrivaient en figures. Vere Israelita, Vere liberi, Vrai pain du ciel.

2. Un Dieu humilié jusqu’à la croix. Il a fallu que le Christ ait souffert pour entrer en sa gloire, qu’il vaincrait la mort par sa mort.

Pensées diverses (Laf. 808, Sel. 655). Il y a trois moyens de croire : la raison, la coutume, l’inspiration. La religion chrétienne qui seule a la raison n’admet point pour ses vrais enfants ceux qui croient sans inspiration. Ce n’est pas qu’elle exclue la raison et la coutume, au contraire ; mais il faut ouvrir son esprit aux preuves, s’y confirmer par la coutume, mais s’offrir par les humiliations aux inspirations, qui seules peuvent faire le vrai et salutaire effet, ne evacuetur crux Christi.

Miracles II (Laf. 835, Sel. 423). Vere discipuli, Vere Israelita, Vere liberi, Vere cibus.

 

Mots-clés : AbrahamCroireDiableDiscipleEsclavageJésus-ChristLibertéSaint JeanVérité.