Pensées diverses III – Fragment n° 60 / 85 – Papier original : RO 429-4

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 137 p. 379 v° / C2 : p. 339

Éditions savantes : Faugère I, 318, IV / Brunschvicg 877 / Tourneur p. 107-1 / Le Guern 601 / Lafuma 708 (série XXV) / Sellier 586

 

 

 

Papes.

 

Les rois disposent de leur empire, mais les papes ne peuvent disposer du leur.

 

 

Fragment à la fois bref et paradoxal, puisqu’il semble accorder au souverain politique une dignité et une liberté supérieures à celles du pape. Le contexte de l’œuvre de Pascal permet de comprendre ce paradoxe purement apparent.

 

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Fragments connexes

 

Pensées diverses (Laf. 569, Sel. 473). Le pape est premier. Quel autre est connu de tous ? Quel autre est reconnu de tous, ayant pouvoir d’insinuer dans tout le corps parce qu’il tient la maîtresse branche qui s’insinue partout ?

Qu’il était aisé de faire dégénérer cela en tyrannie ! C’est pourquoi Jésus-Christ leur a posé ce précepte : Vos autem non sic.

Pensées diverses (Laf. 604, Sel 501). Église, pape.

Unité / Multitude.

En considérant l’Église comme unité, le pape qui en est le chef, est comme tout ; en la considérant comme multitude le pape n’en est qu’une partie. Les Pères l’ont considérée tantôt en une manière, tantôt en l’autre. Et ainsi ont parlé diversement du pape.

Saint Cyprien, sacerdos dei.

Mais en établissant une de ces deux vérités ils n’ont pas exclu l’autre.

La multitude qui ne se réduit point à l’unité est confusion. L’unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie.

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Il n’y a presque plus que la France où il soit permis de dire que le concile est au-dessus du pape.

Pensées diverses (Laf. 706, Sel. 584). Lier et délier.

Dieu n’a pas voulu absoudre sans l’Église. Comme elle a part à l’offense il veut qu’elle ait part au pardon. Il l’associe à ce pouvoir comme les rois les parlements ; mais si elle absout ou si elle lie sans Dieu, ce n’est plus l’Église : comme au parlement ; car encore que le roi ait donné grâce à un homme si faut-il qu’elle soit entérinée ; mais si le parlement entérine sans le roi ou s’il refuse d’entériner sur l’ordre du roi, ce n’est plus le parlement du roi, mais un corps révolté.

Miracles III (Laf. 867, Sel. 440). Le pape serait-il déshonoré pour tenir de Dieu et de la tradition ses lumières, et n’est-ce pas le déshonorer de le séparer de cette sainte union, etc.

 

Mots-clés : EmpirePapeRoi.