Pensées diverses V – Fragment n° 1 / 7 – Papier original : RO 227-2

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 169 p. 401 / C2 : p. 375

Éditions de Port-Royal : Chap. XXIX - Pensées morales : 1669 et janvier 1670 p. 286-287 / 1678 n° 38 p. 284-285

Éditions savantes : Faugère I, 211, CVII / Havet VI.30 / Brunschvicg 103 / Tourneur p. 120-3 / Le Guern 645 / Lafuma 770 (série XXVII) / Sellier 635

 

 

 

L’exemple de la chasteté d’Alexandre n’a pas tant fait de continents que celui de son ivrognerie a fait d’intempérants. Il n’est pas honteux de n’être pas aussi vertueux que lui, et il semble excusable de n’être pas plus vicieux que lui. On croit n’être pas tout à fait dans les vices du commun des hommes quand on se voit dans les vices de ces grands hommes. Et cependant on ne prend pas garde qu’ils sont en cela du commun des hommes. On tient à eux par le bout par où ils tiennent au peuple, car quelque élevés qu’ils soient, si sont‑ils unis aux moindres des hommes par quelque endroit. Ils ne sont pas suspendus en l’air tout abstraits de notre société. Non, non, s’ils sont plus grands que nous, c’est qu’ils ont la tête plus élevée, mais ils ont les pieds aussi bas que les nôtres ; ils y sont tous à même niveau et s’appuient sur la même terre, et par cette extrémité ils sont aussi abaissés que nous, que les plus petits, que les enfants, que les bêtes.

 

 

Pastiche de Montaigne, dans lequel Pascal montre comment les vices des héros permettent aux hommes de se donner une bonne conscience en imitant leurs vices.

 

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Fragments connexes

 

Vanité 35 (Laf. 49, Sel. 82). César était trop vieil, ce me semble, pour s’aller amuser à conquérir le monde. Cet amusement était bon à Auguste ou à Alexandre. C’étaient des jeunes gens qu’il est difficile d’arrêter, mais César devait être plus mûr.

Pensées diverses (Laf. 764, Sel. 630). La comédie.

 

Mots-clés : Alexandre BêteCommunContinenceEnfantExempleGrandeurHommePeupleSociétéTêteVertuVice.