Verso du fragment Transition n° 2 / 8 – Papier original : RO 49-3 v°

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : Transition n° 246 p. 89-89 v° / C2 : p. 115-116

Éditions savantes : Faugère I, 235-236, CLXXXVII à CLXXXIX / Brunschvicg 37, 86 et 163 bis / Tourneur p. 234-2 / Le Guern 183 / Lafuma 195, 196 et 197 / Sellier 228

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(Voir le texte situé au recto)

 

Transcription savante (origine : Recueil des originaux ; Copies C1 et C2)

 

(Textes barrés verticalement)

 

peu de tout 1

   puisqu’on ne peut estre universel en sachant 2

   tout ce qui se peut savoir sur tout il faut

   savoir peu de tout, car il est bien

    plus beau de savoir quelque chose de tout

    que de scavoir tout d’une chose cette universalité est la plus belle

   -------------                       si on pouvoit avoir les deux

  Ma fantaisie me fait hair un coasseur 3     encore 4 mieux, mais 5 s’il faut

   & 3 un qui souffle en mangeant          choisir il faut choisir

------------                                celle la & le monde

 La fantaisie a grand poids, que profiterons     le sent 6 & le fait

  nous de la que nous suivrons ce poids        car le monde

    a cause qu’il est naturel, non              est un bon juge

     mais nous y que nous y resisterons 7       souvent

                                       -----------

 

 Rien ne montre mieux la vanité des hommes que de considerer

quelle cause et quels effets de l’amour, car tout l’univers

en est changé. Le nez de Cleopatre.

 

 

Notes

 

1 L. Brunschvicg édite ces trois mots barrés horizontalement comme un titre. M. Le Guern conserve aussi ces mots barrés.

2 C1 et C2 : « et savoir » ; Fau : « et savoir » ; Br : « et savoir » ; T : « en sachant » ; Laf : « en sachant » ; LG : « en sachant pour la gloire » ; Sel : « en sachant ».

3 Ces mots ont été omis dans les Copies C1 et C2, puis dans l’édition Faugère. Br : « un croasseur et » (selon Salomon Reinach) ; T : « un coasseur et » ; Laf : « un coasseur et » ; LG : « un coasseur et » ; Sel : « un coasseur et ».

4 M. Le Guern : « tant mieux ».

5 Ce mot a été omis dans la Copie C2.

6 Z. Tourneur lit « sait ». Cette transcription a été reprise par Lafuma et Le Guern mais pas par Sellier qui lit « sent » comme dans les Copies.

7 Les Copies C1 et C2 puis Faugère transcrivent : « profiterez-vous [...] vous suivrez [...] vous y résisterez ».

 

Premières éditions et copies des XVIIe - XVIIIe siècles et du début du XIXe

 

Port-Royal ne conserve pas ce texte.

La copie Périer ne le reproduit pas.

V. Cousin, Rapport..., 1843, le transcrit partiellement, p. 199 et 195 :

Puisqu’on ne peut être universel, et savoir tout ce qui se peut savoir sur tout, il faut savoir [un] peu de tout ; car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout, que de savoir tout d’une chose. Cette universalité est la plus belle. Si on pouvoit avoir les deux, encore mieux. Mais, s’il faut choisir, il faut choisir celle‑là. Et le monde le sent et le fait, car le monde est un bon juge souvent.

Rien ne montre mieux la vanité des hommes que de considérer quelle cause et quels effets de l’amour ; car tout l’univers en est changé : le nez de Cléopâtre.

1er éditeur : Il faut attendre P. Faugère (1844) pour que le texte complet soit édité.

 

Remarque

 

P. Faugère publie ce texte en trois articles : CLXXXVII (Puisqu’on ne peut être universel [...] car le monde est un bon juge souvent), CLXXXVIII (Rien ne montre mieux la vanité [...] Cléopâtre), CLXXXIX (Ma fantaisie [...] vous y résisterez).

L. Brunschvicg répartit ce texte en trois articles numérotés 37 (Puisqu’on [...] juge souvent), 86 (Ma fantaisie [...] nous y résisterons), et 163 bis(Rien ne montre [...] Cléopâtre).

L. Lafuma fait de même sous les numéros 195, 196 et 197 (même ordre que ci-dessus).

E. Havet ne commente pas les textes barrés.

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