Fragment Vanité n° 9 / 38 – Papier original : RO 83-6
Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : Vanité n° 23 à 26 p. 5 et 5 v° / C2 : p. 18
Éditions de Port-Royal : Chap. XXV-Faiblesse de l’homme : 1669 et janv. 1670 p. 190 / 1678 n° 3 p. 186
Éditions savantes : Faugère II, 75, III / Havet III.2 bis / Brunschvicg 381 / Tourneur p. 169-5 / Le Guern 19 / Maeda I p. 97 / Lafuma 21 / Sellier 55
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Transcription savante (origine : Recueil des originaux)
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Si on est trop jeune on ne juge pas bien trop vieil 1 de mesme. Si on n’y songe pas assez, Si on y songe trop on s’enteste & on s’en coiffe. --------------- Si on considere son ouvrage incontinent aprez l’avoir fait on en est encore tout prevenu, si trop long temps aprez on 2 y entre plus ----- Ainsy 3 les tableaux veus de trop loing. & de trop prez indivisible & il n’y a qu’un point qui soit le veritable lieu. 4 les autres sont trop prez trop loing trop haut ou trop bas, la perspective l’assigne dans l’art de la peinture Mais dans la verité & dans la moralle qui l’assignera
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Notes
1 Ph. Sellier modernise le terme et édite « vieux », contrairement au fragment Sel. 82 : « César était trop vieil [...] ».
2 Tous les éditeurs et les copies ajoutent « n’ ».
3 C1 : « ainsi » ; C2 : « ainsi » ; Fau : « aussi » ; Havet : « aussi » (corrigé « ainsi » dans l’éd. 1925) ; Br : « ainsi » ; T : « ainsi » (« aus » puis « insy ») ; Laf : « ainsi » ; LG : « ainsi » ; Sel : « ainsi ».
4 L. Lafuma considère qu’il y a un changement de paragraphe à ce niveau.
Premières éditions et copies des XVIIe - XVIIIe siècles et du début du XIXe
Ce fragment a été retenu dans l’édition de Port-Royal.
Remarques
P. Faugère signale en note « La copie lit s’encoiffe, en réunissant mal à propos les mots s’en et coiffe qui sont très-nettement séparés dans le MS. » Faugère parle de la copie C1 dans laquelle le copiste a écrit on_s’en_coiffe, en prolongeant les deux n.
Faugère intègre ce texte dans un article qui comprend (Laf. 723, Sel. 601), (Vanité 25 - Laf. 38, Sel. 72), (Laf. 519, Sel. 453) et Vanité 9.
E. Havet ajoute trois points de suspension après on n’y songe pas assez : « si on est trop jeune, on ne juge pas bien ; trop vieil de même ; si on n’y songe pas assez... ; si on y songe trop, on s’entête et on s’en coiffe [...] ». Il suppose une lacune et ajoute en note : « Après les mots, si on n’y songe pas assez, tous les éditeurs se contentent de mettre une virgule ; mais il n’est pas vrai qu’on s’entête d’une chose et qu’on s’en coiffe en n’y songeant pas assez. Je crois donc que la pensée de Pascal est celle-ci : si on n’y songe pas assez, on ne saisit pas, on ne pénètre pas la chose ; si au contraire on y songe trop, on s’entête. Il ne s’est pas donné la peine, n’écrivant que pour lui, de finir la première partie de la phrase, parce qu’elle s’entend d’elle-même. »