Fragment hors Copies n° 3C RO 99-1 r° / v°

Copies du XVIIIe s. : copie Périer n° 3C p. 87-88 v°, copie Montempuys p. 7 et 37

Éditions du XVIIIe s. : Condorcet (1776) p. [503] / Bossut (1779) p. 372

Éditions modernes : Faugère I, 266, IV et V ; I, 270, XVI ; I, 230, CLXXIV / Havet Prov. 90 p. 287 et 100 p. 288 ; XXIV.66 et 66 bis ; XXV.73 / Brunschvicg 920 et 540 / Tourneur p. 50 / Le Guern 714 / Lafuma 916 et 917 / Sellier 746

 

 

 

3.

 

S’ils ne renoncent à la probabilité leurs bonnes maximes sont aussi impies peu saintes que les méchantes, car elles sont fondées sur l’autorité humaine. ce qui les Et ainsi si elles sont plus justes elles seront plus raisonnables, mais non pas plus saintes : elles tiennent de la tige sauvage sur quoi elles sont entées.

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Si ce que je dis ne sert à vous éclaircir, il servira au peuple.

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Si ceux‑là se taisent les pierres parleront.

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Le silence est la plus grande persécution. Jamais les saints ne se sont tus. Il est vrai qu’il faut vocation, mais ce n’est pas des arrêts du Conseil qu’il faut apprendre si on est appelé, c’est de la nécessité de parler. Or après que Rome a parlé et qu’on pense qu’il a condamné la vérité, et qu’ils l’ont dit écrit, et que les livres qui ont dit le contraire sont censurés, il faut crier d’autant plus haut qu’on est censuré plus injustement et qu’on veut étouffer la parole plus violemment, jusqu’à ce qu’il vienne un pape qui écoute et qui les deux parties et qui consulte l’Antiquité pour faire justice.

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Aussi les enfants les bons papes trouveront encore l’Église en clameurs.

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L’espérance que les chrétiens ont de posséder un bien infini est mêlée de jouissance effective aussi bien que de crainte, car ce n’est pas comme ceux qui espéreraient un royaume dont ils n’auraient rien étant sujets, car mais ils espèrent la sainteté, l’exemption d’injustice, et ils en ont quelque chose.

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L’Inquisition et la Société, les deux fléaux de la vérité.

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Que ne les accusez‑vous d’arianisme ? Car s’ils ont dit que Jésus-Christ est Dieu, peut‑être ils l’entendent non par nature mais comme il est dit : Dii estis.

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Si mes lettres sont condamnées à Rome ce que j’y condamne est condamné dans le ciel.

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Ad tuum Domine Jesu tribunal appello.

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Vous‑mêmes êtes corruptibles.

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J’ai craint que je n’eusse mal écrit me voyant condamné, mais l’exemple de tant de pieux écrits me fait croire au contraire. Il n’est plus permis de bien écrire.

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Tant l’Inquisition est corrompue ou ignorante.

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Il est meilleur d’obéir à Dieu qu’aux hommes.

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Je ne crains rien, je n’espère rien. Les évêques ne sont pas ainsi. Le Port Royal craint, et c’est une mauvaise politique de les séparer. Car ils ne craindront plus et se feront plus craindre.

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Je ne crains pas même vos censures, pailles si elles ne sont fondées sur celles de la tradition.

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Censurez‑vous tout ? quoi, même mon respect ? non, donc dites quoi ou vous ne ferez rien si vous ne désignez le mal, et pourquoi il est mal. Et c’est ce qu’ils auront bien peine à faire.

 

Probab[ilité].

 

Ils ont plaisamment expliqué la sûreté, car après avoir établi que toutes leurs voies sont sûres, ils n’ont plus appelé sûr ce qui mène certainement au ciel, sans danger de n’y pas arriver par là, mais ce qui y mène sans danger de sortir de cette voie.

 

 

 

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