Dossier thématique : Le peuple juif

 

 

Situation du peuple juif en France à l’époque de Pascal

 

Bluche François, Dictionnaire du grand siècle, articles Juifs, p. 798-799, et Juifs en France et en Avignon, p. 799-800, insiste aussi sur le petit nombre de Juifs en France, et le fait qu’il n’y en a pratiquement pas à Paris.

Sellier Philippe, “Israël : La rencontre de ce peuple m’étonne”, in Port-Royal et la littérature, II, Paris, Champion, 2012, p. 233-251. Faiblesse de la présence des Juifs en France à l’âge classique : les Juifs sont interdits de séjour en France depuis un édit de Philippe le Bel de 1306, qui a été renouvelé en 1394 et en 1615 par Louis XIII. On les évalue à 30 000 sous Louis XIV. Ils sont répartis en quatre zones d’implantation, sur la côte sud-ouest (les Portugais), en Alsace et Lorraine (les Allemands), en Avignon, dans le Comtat-Venaissin et les villes de la Provence (les « Juifs du pape ») et à Paris : p. 236-237. Il n’y a pas de vraie communauté juive à Paris. Les zones d’implantation : p. 15 sq. Les Juifs de Paris : p. 16. Il n’y a pas eu de communauté juive à Paris avant Louis XV : p. 17.

Voir la bibliographie dans Pillorget René et Suzanne, France baroque, France classique, 1589-1715, II, Dictionnaire, art. Juifs, coll. Bouquins, Paris, R. Laffont, 1995, p. 587-588.

 

Antijudaïsme et antisémitisme

 

Sellier Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 498 sq. Sur la catégorie théologique du judaïque.

Sellier Philippe, “Israël : La rencontre de ce peuple m’étonne”, in Port-Royal et la littérature, II, 2e éd., Paris, Champion, 2012, p. 233-251. Voir p. 238 sq. L’antisémitisme est une notion tardive née dans les années 1860 en Allemagne dans le contexte des théories pseudo-scientifiques sur l’inégalité des races humaines, à quoi s’ajoute l’hostilité à l’égard d’un capitalisme apatride : p. 238-239. L’antijudaïsme est en revanche d’origine essentiellement religieuse, et vient de l’opposition entre la partie d’Israël qui refuse de reconnaître Jésus et le christianisme naissant ; les autorités de Jérusalem n’ont pas hésité à recourir à la violence ; le futur Paul a d’abord été persécuteur des chrétiens. On ne peut pas parler d’antisémitisme à propos du Christ ou de Paul : ils sont enracinés dans la tradition d’Israël ; mais on peut parler d’un antijudaïsme : p. 239. Cependant cet antijudaïsme chrétien s’est égaré dans des griefs aberrants, comme la théorie du « peuple déicide », avec l’allégation du vœu rapporté dans Matthieu XXVII, « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants », alors que la tradition, avec Ézéchiel, XVIII, 14-17, affirme la responsabilité personnelle, et non collective : « Que si cet homme a un fils, qui voyant tous les crimes que son père avait commis en soit saisi de crainte, et se garde bien de l’imiter ; 15. qui ne mange point sur les montagnes, et qui ne lève point les yeux vers les idoles de la maison d’Israël, qui ne viole point la femme de son prochain, 16. qui n’attriste et n’opprime personne, qui ne retienne point le gage à son débiteur, qui ne prenne point par violence le bien d’autrui, qui donne de son pain au pauvre, qui habille celui qui était nu, 17. qui détourne sa main de toute injustice à l’égard du pauvre, qui ne donne point à usure et ne reçoive rien au-delà de ce qu’il a prêté, qui observe mes ordonnances, et qui marche dans la voie de mes préceptes, celui-là ne mourra point dans l’iniquité de son père, mais il vivra très certainement. 18. Son père qui avait opprimé les autres par des calomnies, [qui a fait violence à son frère], et qui avait commis des actions criminelles au milieu de son peuple, est mort dans sa propre iniquité. 19. Si vous dites : Pourquoi le fils n’a-t-il pas porté l’iniquité de son père ? C’est parce que le fils a agi selon l’équité et selon la justice, qu’il a gardé tous mes préceptes, et qu’il les a pratiqués ; c’est pourquoi il vivra très certainement » (tr. de Port-Royal). Dans Athalie, I, 2, Racine fait prononcer une maxime décisive en ce sens par le grand prêtre et prophète Joad :

“(Dieu) ne recherche point, aveugle en sa colère,

Sur le fils qui le craint l’impiété du père.”

L’accusation de déicide portée contre les Juifs est absente des textes de Port-Royal et de Pascal. Voir Sellier Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 498 sq. : Pour Pascal, ce ne sont pas les Juifs qui sont déicides, mais toute l’humanité. Responsabilité collective de l’humanité dans le rejet de Dieu depuis Abel jusqu’à la fin du monde, affirmation devenue courante chez les meilleurs chrétiens : p. 500. Le thème antisémite de l’infériorité de la race juive est également absent à Port-Royal. Voir Sellier Philippe, « La rencontre de ce peuple m’étonne... », loc. cit.

 

Les hébraïsants de Port-Royal 

 

Port-Royal et le peuple d’Israël, Chroniques de Port-Royal, 53, Paris, Bibliothèque Mazarine, 2004. Voir surtout Lesaulnier Jean, “Les hébraïsants de Port-Royal”, Port-Royal et le peuple d’Israël, Chroniques de Port-Royal, 53, p. 29 sq. Après quelques initiatives individuelles, se forme dans les années 1640 un groupe de savants hébraïsants : p. 35 sq. Place des travaux sur la Bible : p. 36 sq. Les hébraïsants de Port-Royal : p. 36 sq.

Savon Hervé, “Le peuple juif vu par trois historiens de l’école de Port-Royal : G. Hermant, S. Le Nain de Tillemont et J.-J. Duguet”, Chroniques de Port-Royal 53, Paris, Bibliothèque Mazarine, 2004, p. 151-175.

 

L’état des Juifs dans l’argumentation apologétique des Pensées de Pascal

 

Lovski F., “Pascal et les Juifs”, Cahiers sioniens, déc. 1951, p. 355-366. « Pascal [...] ne les [sc. les Juifs] a ni connus, ni fréquentés ; il ne les a pas combattus, comme Luther, ou plus tard Voltaire ; il ne les a pas en quelque sorte imaginés comme Bossuet dans l’éloquence de la chaire. Ils sont pour lui une catégorie théologique » : p. 355.

Sellier Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 465 sq. Pascal n’a sans doute guère eu de contacts concrets avec les Juifs de son temps et n’a du peuple juif qu’une connaissance livresque. Il en résulte que les Juifs dont il parle sont ceux de l’Ancien et du Nouveau Testament, et jamais ses contemporains.

Lesaulnier Jean, “Les hébraïsants de Port-Royal”, Port-Royal et le peuple d’Israël, Chroniques de Port-Royal, 53, p. 36 sq. Pascal hébraïsant : p. 37. Pascal aurait acquis vers 1657-1658 une connaissance des bases de la langue hébraïque : p. 37.

Cohn Lionel, “Pascal et le judaïsme”, in Pascal. Textes du tricentenaire, Chroniques de Port-Royal, 11-14, Fayard, 1963-1965, p. 206-224. À compléter par Cohn Lionel, Une polémique judéo-chrétienne au Moyen Âge et ses rapports avec l’analyse pascalienne de la religion juive.

Pascal s’est constitué un programme de présentation du peuple juif qui est indiqué par les titres de certains fragments. Il est défini par le fragment Ordre 6 (Laf. 8, Sel. 42) : Ordre. Voir ce qu’il y a de clair dans tout l’état des Juifs et d’incontestable. Ce projet est confirmé dans d’autres fragments, qui montrent que Pascal entend se tenir à ce qui est « effectif », autrement dit ce qui apparaît indiscutable, y compris pour des incroyants : voir Preuves par les Juifs IV (Laf. 454, Sel. 694). Je vois la religion chrétienne fondée sur une religion précédente, où voici ce que je trouve d’effectif.

Voir le sens de cet objectif dans Sellier Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 471 : Pascal supprime un grand nombre d’éléments éléments contestables qu’il pouvait trouver chez saint Augustin.

Sellier Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 470, n. 18. Pascal ne distingue pas toujours peuple juif, donc descendant d’Abraham, avant lequel existaient d’autres peuples, et peuple de Dieu, ce que saint Augustin appelle Cité de Dieu, qui commença avec Abel, Enoch, Lamech, Noé, etc. Ce peuple de Dieu ne comprit à certaines époques qu’une seule histoire, comme celle de Noé ou celle du père d’Abraham.

Sellier Philippe, “Israël : La rencontre de ce peuple m’étonne”, in Port-Royal et la littérature, II, Paris, Champion, 2012, p. 233-251. L’originalité de la position de Pascal par rapport à ses amis de Port-Royal est due à la dualité de ses sources, les condamnations bibliques et augustiniennes d’une part, et les éloges bibliques, les textes de Philon, Flavius Josèphe et certains passages du Talmud d’autre part : p. 246-247. Le Juif illustre la grandeur et la misère de l’homme.

Sellier Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 473. Sur l’annonce messianique chez les Juifs. Le rapprochement très net du péché originel et de l’annonce messianique est une originalité de Pascal, par rapport à saint Augustin et d’autres. Cela fait d’Israël le héraut de la vérité Misère de l’homme sans Dieu, félicité avec Dieu.

Chédozeau Bernard, “Ancien Testament et Nouveau Testament dans les Préfaces de la Bible de Port-Royal (1672-1708). Le statut des Juifs”, Chroniques de Port-Royal 53, Paris, Bibliothèque Mazarine, 2004, p. 47-66. Voir p. 63 sq. Le statut complexe du peuple juif : la distinction entre les « saints Juifs », les Juifs et chrétiens charnels, Juifs et chrétiens spirituels. Juifs fidèles et Juifs perfides (infidèles), établit une distinction fondamentale entre charnels et spirituels qui vaut tant chez les chrétiens que chez les Juifs : p. 64.

Russier Jeanne, La foi selon Pascal, II, Paris, Presses Universitaires de France, 1949, p. 394. Pascal reprend les principes essentiels de l’interprétation janséniste du fait juif, mais en le faisant servir à la démonstration de la foi, ce qui est son originalité. Il pose deux principes : 1. l’excellence de la loi donnée par Dieu aux Juifs ; 2. l’inefficacité de l’alliance comme moyen de salut. L’idée de l’identité entre ce que Dieu prescrit aux Juifs et ce qu’il commande aux chrétiens est un thème courant à Port-Royal : p. 395. Originalité de l’usage apologétique des deux principes : p. 400. La preuve par la perpétuité, qui suppose l’identité des lois juives et chrétiennes ; et le fait que les prophètes adoraient le Messie en regardant les dons éternels qu’il préparait, montrent qu’ils avaient donc conscience de parler par figures, et font donc partie des vrais Juifs : p. 401.

Sur les points de la religion et de l’esprit juif que Pascal n’a pas compris, voir Sellier Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 514 sq. Pascal n’a compris ni la complexité du fait juif, ni la nature de certains obstacles qui s’opposaient à la conversion d’Israël, savoir : 1. La difficulté que pouvait rencontrer un juif devant la réduction de la Loi au seul précepte de la charité et l’apparente rupture du monothéisme que pouvait créer l’affirmation par le Christ de sa filiation divine ; 2. La méconnaissance de l’aspect concret de l’Ancien Testament, notamment l’attachement à la Terre promise réelle ; 3. La part concrète, immédiate de l’action des prophètes en Israël.

Pérouse Marie, L’invention des Pensées de Pascal. Les éditions de Port-Royal (1670-1678), Paris, Champion, 2009, p. 134 sq. Le peuple juif tel qu’il est présenté dans le Discours de Filleau de la Chaise. Différences avec le traitement pascalien.

Voltaire, Lettres philosophiques, éd. Naves, Dernières remarques, LXXXI, p. 297-298.

 

Principaux points du programme de travail sur « l’état des Juifs »

 

Pascal a poussé une réflexion complexe et abondante sur les Juifs, non pas seulement dans les Pensées, mais dans plusieurs écrits moins connus. Pour ne pas séparer les différents points de cette réflexion de leur contexte, nous proposons ci-dessous la liste des points principaux, avec la référence des textes dans lesquels on trouvera les explications et les références nécessaires.

Pour approfondir les aspects généraux, voir les bibliographies des liasses Rabbinage, Loi figurative, Preuves de Moïse et Prophéties.

Ce qu’il y a de clair dans tout l’état des Juifs et d’incontestable : Ordre 6 (Laf. 8, Sel. 42).

Processus de l’action de la providence de Dieu sur le peuple juif : Preuves par discours II (Laf. 435, Sel. 687).

Avantages du peuple juif : Preuves par les Juifs I (Laf. 451, Sel. 691).

Antiquité des Juifs : Preuves par les Juifs I (Laf. 451, Sel. 691).

Subsistance et continuité du peuple juif : Preuves par les Juifs V (Laf. 456-457, Sel. 696).

Séparation du peuple juif : Preuves par discours II (Laf. 435, Sel. 687).

Sincérité des Juifs : Preuves par les Juifs II (Laf. 452, Sel. 692).

Perfection de la loi juive : Preuves par les Juifs I (Laf. 451, Sel. 691).

Dispersion du peuple juif : Preuves par les Juifs I (Laf. 451, Sel. 691).

Les Juifs « témoins irréprochables », voir Prophéties VIII (Laf. 502, Sel. 738).

Les vrais juifs et les vrais chrétiens n’ont qu’une même religion : Preuves par les Juifs III (Laf. 453, Sel. 693).

Les Juifs ennemis des chrétiens : Preuves par les Juifs I (Laf. 451, Sel. 691) et Miracles II (Laf. 858, Sel. 437).

 

Bibliographie

 

Généralités et outils de travail

 

BLUCHE François, Dictionnaire du grand siècle, articles Juifs, Paris, Fayard, 1990.

CAZELLES Henri, Introduction à la Bible, tome 2, Introduction critique à l’Ancien Testament, Paris, Desclée, 1973.

COHEN A., Le Talmud, Paris, Payot, 1976.

Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Paris, Cerf, 1993.

Histoire des religions, II, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, Pléiade, NRF, Gallimard, 1972.

LODS Adolphe, Les prophètes d’Israël et les débuts du judaïsme, Paris, A. Michel, 1969.

LODS Adolphe, Israël, des origines au milieu du VIIIe siècle, Paris, A. Michel, 1969.

SCHOLEM Gershom G., Les grands courants de la mystique juive, Paris, Payot, 1977.

SIMON Marcel et BENOIT André, Le judaïsme et le christianisme antique d’Antiochus Épiphane à Constantin, Paris, Presses Universitaires de France, 1968.

 

Sources

 

FLAVIUS JOSÈPHE, Réponse à ce qu’Apion avait écrit contre son Histoire des Juifs touchant l’Antiquité de leur race, in Œuvres, I, Traduit du grec par Monsieur Arnauld d’Andilly. Troisième édition. Paris, chez Pierre Le Petit, MDCLXX.

MARTINUS Raymundus, Pugio fidei Raymundi Martii ordinis praedicatorum adversus Mauros et Judaeos (...), Paris, M. et J. Henault, 1651.

PHILON, Trois livres de Philon Juif, De la vie de Moïse, où il est traité de la théologie et de la prophétie, in Les Œuvres de Philon Juif, auteur très éloquent et philosophe très grave contenant l’exposition littérale et moral des livres sacrés de Moïse et des autres prophètes, et de plusieurs divins mystères, pour l’instruction d’un chacun en la piété et aux bonnes mœurs, translatés en français, sur l’original grec, revues et corrigées de nouveau, et augmentées d’un 2e tome, dédiées au Roi très chrétien Louis XIII par Federic Morel, doyen des professeurs et Interprètes de sa Majesté, Paris, chez Jacques Bessin, au Mont Saint Hilaire, à la court d’Albret, MDCXIX.

 

On peut aussi consulter utilement

SIMON Richard, Histoire critique du Vieux Testament, Paris, 1678.

SPINOZA Baruch, Traité théologico-politique, ch. II, éd. Akkerman, tr. Lagrée et Moreau, Paris, Presses Universitaires de France, 1999.

Traité des trois imposteurs, éd. Retat, Universités de la région Rhône-Alpes, 1973.

 

Éléments de bibliographie sur « l’état des Juifs » selon Pascal et Port-Royal

 

La Bible, traduction de Louis-Isaac Lemaître de Sacy, éd. Philippe Sellier, Paris, Robert Laffont, 1990, fournit la traduction française de l’Ancien et du Nouveau Testament établie par le groupe de Port-Royal. La synthèse initiale de Philippe Sellier permet de situer très clairement cette traduction dans l’histoire de la Bible.

Voir aussi Sellier Philippe, “La Bible de Pascal”, in Port-Royal et la littérature, I, Pascal, 2e éd., Paris, Champion, 2010, p. 185-210.

L’introduction de Ph. Sellier à son édition des Pensées consacre des pages très claires au « mystère du peuple juif ». Voir l’éd. Garnier, Paris, 2010, p. 63-65. La lecture du livre de Bernard Chédozeau, Port-Royal et la Bible, Un siècle d’or de la Bible en France, 1605-1708, Paris, Nolin, 2007, doit être abordé dans un second temps, une fois les cadres généraux posés.

Pour la situation des textes relatifs à la condition des Juifs dans l’histoire des Pensées, voir l’introduction de Philippe Sellier à son édition, qui situe les textes sur « l’état des Juifs » et les prophéties dans la tranche chronologique de juillet 1658 à juillet 1662.

Le chapitre que J. Mesnard consacre à « Figure et vérité » dans Les Pensées de Pascal, 2e éd., Paris, SEDES-CDU, p. 248 sq., traite des preuves historiques retenues par Pascal pour son ouvrage, et par suite de l’histoire du peuple prophétique d’Israël. L’introduction de cet ouvrage fournit aussi des indications d’ordre chronologique.

On peut aussi recourir sur ce point, avec précaution, aux conclusions de Pol Ernst exposées dans son livre Les Pensées de Pascal. Géologie et stratigraphie, Voltaire Foundation, Paris-Oxford, 1996, p. 215 sq., et 237 sq., sur la composition du « discours théologique ».

Les Préfaces des volumes de la Bible de Port-Royal sont une très riche source d’informations sur la manière dont Port-Royal comprenait l’histoire du peuple juif. Elles ont été réunies dans Chédozeau Bernard, L’univers biblique catholique au siècle de Louis XIV, La Bible de Port-Royal, Paris, Champion, 2013, 2 vol. Pour les notes que le groupe de Port-Royal a associées à chaque chapitre de ces livres, il faut recourir aux éditions originales, car elles n’ont pas encore fait l’objet d’une réédition ; elles sont pourtant indispensables pour comprendre la pensée de Pascal sur le peuple juif.

Les ouvrages suivants permettent d’approfondir le sujet.

COHN Lionel (Yehuda Arye), Une polémique judéo-chrétienne au Moyen Âge et ses rapports avec l’analyse pascalienne de la religion juive, Reprint of Bar Ilan, in Humanities and social sciences, Jérusalem, 1969.

COHN Lionel, “Pascal et le judaïsme”, in Pascal. Textes du tricentenaire, Paris, Fayard, 1963, p. 195-224.

LOVSKI F., “Pascal et les Juifs”, Cahiers sioniens, déc. 1951, p. 355-366.

Port-Royal et le royaume d’Israël, Chroniques de Port-Royal, 53, Paris, Bibliothèque Mazarine, 2004.

SELLIER Philippe, Pascal et saint Augustin, Paris, Colin, 1970.

RUSSIER Jeanne, La foi selon Pascal, II, Paris, Presses Universitaires de France, 1949.

SELLIER Philippe, “Israël : La rencontre de ce peuple m’étonne”, in Port-Royal et la littérature, II, Paris, Champion, 2012, p. 233-251.