Pensées de Blaise Pascal

    

Fragment hors Copies n° 13N RO 107

Copies du XVIIIe s. : copie Périer n° 13N p. 95-96, copie Montempuys p. 39

Éditions du XVIIIe s. : Desmolets (1728) p. 321 / Bossut (1779) p. 538

Éditions modernes : Faugère I, 233-234, CLXXX et CLXXXI / Havet XXV.127 et 209 ; XXIV.79 / Brunschvicg 499, 555, 505 / Tourneur p. 26-2 / Le Guern 722 / Lafuma 927 à 929 / Sellier 756

 

 

 

Que me servirait ?

Abominables.

Singlin.

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En chaque action il faut regarder outre l’action, à ce que notre état présent, passé, futur et des autres à quoi elle importe. Et voir les liaisons de toutes ces choses et lors on sera bien retenu.

 

Œuvres extérieures.

 

Il n’y a rien de si périlleux que ce qui plaît à Dieu et aux hommes, car les états qui plaisent à Dieu et aux hommes ont autre une chose qui plaît à Dieu et une autre qui plaît aux hommes, comme la grandeur de sainte Thérèse ; ce qui plaît à Dieu est sa profonde humilité dans ses révélations, ce qui plaît aux hommes sont ses lumières. Et ainsi on se tue d’imiter ses discours pensant imiter sa son état et partant d’aimer ce que Dieu aime, et de se mettre en l’état que Dieu aime.

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Il vaut mieux ne pas jeûner et en être humilié, que jeûner et en être complaisant.

Pharisien, publicain.

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1er.

 

Que me servirait de m’en souvenir si cela peut également me nuire et me servir, et que tout dépend de la bénédiction de Dieu qu’il ne donne qu’aux choses faites pour lui, et selon ses règles et dans ses voies, la manière étant ainsi aussi importante que la chose, et peut‑être plus, puisque Dieu peut du mal tirer du bien, et que sans Dieu on tire le mal du bien.

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Ne te compare point aux autres, mais à moi. Ils ne sont pas Si tu ne m’y trouves pas dans ceux où tu te compares tu te compares à un abominable.

Si tu m’y trouves, compare‑t‑y ; mais qu’y compareras‑tu ? Sera‑ce toi ou moi dans toi ? Si c’est toi c’est un abominable, si c’est moi tu compares moi à moi. Or je suis Dieu en tout.

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Je te parle et te conseille souvent parce que ton conducteur ne te peut parler, car je ne veux pas que tu manques de conducteur.

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Et peut‑être je le fais à ses prières. Et ainsi il te conduit sans que tu le voies.

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Tu ne me chercherais pas, si tu ne me possédais.

Ne t’inquiète donc pas.

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Tout nous peut être mortel, même les choses faites pour nous servir, comme dans la nature les murailles peuvent nous tuer, et les degrés nous tuer, si nous n’allons avec justesse.

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Le moindre mouvement importe à toute la nature : la mer entière change pour une pierre. Ainsi dans la grâce la moindre action importe pour ses suites à tout, donc tout est important.

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