Pensées diverses I – Fragment n° 7 / 37 – Papier original : RO 115

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 91 p. 333-333 v°  / C2 : p. 284-285

Éditions de Port-Royal : Chap. XXVIII - Pensées chrestiennes : 1669 et janvier 1670 p. 265 et 259 / 1678 n° 55, 40 et 41 p. 257-258 et 252

Éditions savantes : Faugère II, 329, XXXVII ; I, 232, CLXXIX ; I, 286, LVIII / Havet XXV.180, XXIV.33, XXIV.23 et 23 bis, Prov. G p. 293 / Brunschvicg 778, 458, 515, 784, 779, 780  / Tourneur p. 72 / Le Guern 474 / Lafuma 544 à 549  (série XXIII) / Sellier 460

 

 

 

 

 

Dans l’édition de Port-Royal

 

Chap. XXVIII - Pensées chrestiennes : 1669 et janvier 1670 p. 265 et 259 / 1678 n° 55, 40 et 41 p. 257-258 et 252

       

 

Différences constatées par rapport au manuscrit original

 

Ed. janvier 1670 1

Transcription du manuscrit

 

 

 

 

 

 

 

55.  Tout ce qui est au monde est concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie, libido sentiendi, libido sciendi, libido dominandi. Malheureuse la terre de malédiction que ces trois fleuves de feu embrasent plutôt qu’ils n’arrosent. Heureux ceux qui étant sur ces fleuves non pas plongés, non pas entraînés, mais immobilement affermis ; non pas debout, mais assis dans une assiette basse et sûre, dont ils ne se relèvent jamais avant la lumière, mais après s’y être reposés en paix ; tendent la main à celui qui les doit relever 2, pour les faire tenir debout et fermes dans les porches de la sainte Jérusalem, où ils n’auront plus à craindre les attaques de l’orgueil ; et qui pleurent cependant, non pas de voir écouler toutes les choses périssables, mais dans le souvenir de leur chère patrie 3, de la Jérusalem céleste, après laquelle ils soupirent sans cesse dans la longueur de leur exil.  

 

 

40.  Les élus ignoreront leurs vertus, et les réprouvés leurs crimes : Seigneur, diront les uns et les autres, quand vous avons-nous vu avoir faim ? etc. [En marge : Matth. 23. 37. 44.]

 

41.  Jésus-Christ n’a point voulu du témoignage des démons, ni de ceux qui n’avaient pas vocation ; mais de Dieu et de Jean Baptiste.

 

 

Omnis Judaeae regio, et Jerosolymitae universi, et baptizabantur, à cause de toutes les conditions d’hommes qui y venaient.

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Des pierres peuvent être enfants d’Abraham.

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Tout ce qui est au monde est concupiscence de la chair ou concupiscence des yeux ou orgueil de la vie. Libido sentiendi, libido sciendi, libido dominandi. Malheureuse la terre de malédiction que ces trois fleuves de feu embrasent plutôt qu’ils n’arrosent. Heureux ceux qui, étant sur ces fleuves, non pas plongés, non pas entraînés, mais immobilement affermis sur ces fleuves, non pas debout, mais assis, dans une assiette basse et sûre, dont ils ne se relèvent pas avant la lumière, mais après s’y être reposés en paix, tendent la main à celui qui les doit élever pour les faire tenir debout et fermes dans les porches de la sainte Jérusalem, où l’orgueil ne pourra plus les combattre et les abattre. Et qui cependant pleurent, non pas de voir écouler toutes les choses périssables que ces torrents entraînent, mais dans le souvenir de leur chère patrie, de la Jérusalem céleste, dont ils se souviennent sans cesse dans la longueur de leur exil.

 

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Les élus ignoreront leurs vertus, et les réprouvés la grandeur de leurs crimes : Seigneur, quand t’avons‑nous vu avoir faim, soif, etc.

 

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Jésus‑Christ n’a point voulu du témoignage des démons ni de ceux qui n’avaient pas vocation, mais de Dieu et Jean‑Baptiste.

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Si on se convertissait Dieu guérirait et pardonnerait.

Ne convertantur et sanem eos. Isaïe. Et dimittantur eis peccata, Marc, 3.

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Jésus-Christ n’a jamais condamné sans ouïr.

À Judas : amice ad quid venisti. À celui qui n’avait pas la robe nuptiale de même.

 

 

1 Conventions : rose = glose des éditeurs ; vert = correction des éditeurs ; marron = texte non retenu par les éditeurs.

2 La différence provient des Copies C1 et C2.

3 Est transcrit « partie » dans l’édition de 1678. Cette coquille est signalée dans l’Avertissement de cette édition.

 

Commentaire

 

Les suppressions de l’édition de Port-Royal ne visent ici qu’à supprimer des notes dont le caractère allusif rendait la compréhension difficile, ou au contraire à éviter celles qui peuvent apparaître comme des truismes (sur la conversion).

La rédaction craindre les attaques de l’orgueil se substitue à un texte plus expressif, mais aussi d’apparence plus baroque.