Pensées diverses I – Fragment n° 9 / 37 – Le papier original est perdu

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 92 p. 335  / C2 : p. 287

Éditions savantes : Faugère I, 235, CLXXXVI / Havet XXIV.100 / Brunschvicg 76  / Le Guern 476 / Lafuma 553  (série XXIII) / Sellier 462

 

 

 

Écrire contre ceux qui approfondissent trop les sciences. Descartes.

 

 

Ce fragment n’est pas l’expression d’un programme étroitement anticartésien. Pascal projette de consacrer un développement à l’excès d’engagement dans les sciences, au détriment de la vie civile comme de la vie chrétienne. Descartes n’est de ce point de vue qu’un exemple typique, mais particulier. D’autres, pour des raisons très différentes, approfondissent trop les sciences, et Pascal lui-même ne se juge pas indemne de ce défaut, pour certaines périodes de son existence.

 

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Fragments connexes

 

Fragment barré écrit au dos de Raisons des effets 3 (Laf. 84, Sel. 118). Descartes.

Il faut dire en gros : « cela se fait par figure et mouvement. » Car cela est vrai, mais de dire quelles et composer la machine, cela est ridicule. Car cela est inutile et incertain et pénible. Et quand cela serait vrai, nous n’estimons pas que toute la philosophie vaille une heure de peine.

Divertissement 4 (Laf. 136, Sel. 168). Mais, direz-vous, quel objet a-t-il en tout cela ? celui de se vanter demain entre ses amis de ce qu’il a mieux joué qu’un autre. Ainsi les autres suent dans leur cabinet pour montrer aux savants qu’ils ont résolu une question d’algèbre qu’on n’aurait pu trouver jusqu’ici, et tant d’autres s’exposent aux derniers périls pour se vanter ensuite d’une place qu’ils auront prise aussi sottement à mon gré. Et enfin les autres se tuent pour remarquer toutes ces choses, non pas pour en devenir plus sages, mais seulement pour montrer qu’ils les savent, et ceux-là sont les plus sots de la bande puisqu’ils le sont avec connaissance, au lieu qu’on peut penser des autres qu’ils ne le seraient plus s’ils avaient cette connaissance.

Commencement 14 (Laf. 164, Sel. 196). Commencement.

Cachot.

Je trouve bon qu’on n’approfondisse pas l’opinion de Copernic. Mais ceci.

Il importe à toute la vie de savoir si l’âme est mortelle ou immortelle.

Transition 4 (Laf. 199, Sel. 230). Et ce qui achève notre impuissance à connaître les choses est qu’elles sont simples en elles-mêmes et que nous sommes composés de deux natures opposées et de divers genres, d’âme et de corps. Car il est impossible que la partie qui raisonne en nous soit autre que spirituelle et quand on prétendrait que nous serions simplement corporels cela nous exclurait bien davantage de la connaissance des choses, n’y ayant rien de si inconcevable que de dire que la matière se connaît soi-même Il ne nous est pas possible de connaître comment elle se connaîtrait.

Pensées diverses (Laf. 687, Sel. 566). J’avais passé longtemps dans l’étude des sciences abstraites et le peu de communication qu’on en peut avoir m’en avait dégoûté. Quand j’ai commencé l’étude de l’homme, j’ai vu que ces sciences abstraites ne sont pas propres à l’homme, et que je m’égarais plus de ma condition en y pénétrant que les autres en l’ignorant. J’ai pardonné aux autres d’y peu savoir, mais j’ai cru trouver au moins bien des compagnons en l’étude de l’homme et que c’est le vrai étude qui lui est propre. J’ai été trompé. Il y en a encore moins qui l’étudient que la géométrie. Ce n’est que manque de savoir étudier cela qu’on cherche le reste. Mais n’est-ce pas que ce n’est pas encore là la science que l’homme doit avoir, et qu’il lui est meilleur de s’ignorer pour être heureux.

Miracles III (Laf. 887, Sel. 445). Descartes inutile et incertain.

 

Mots-clés : DescartesÉcrireScience.