Pensées diverses VIII – Fragment n° 4 / 6 – Papier original : RO 247-2

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 190 p. 427 v° / C2 : p. 399 v° (copie de Pierre Guerrier)

Éditions de Port-Royal : Chap. XXVIII - Pensées Chrestiennes : 1669 et janv. 1670 p. 247-248 /

1678 n° 25 p. 240

Éditions savantes : Faugère II, 18 / Havet XXIV.18 ter / Brunschvicg 217 / Tourneur p. 136-2 / Le Guern 673 / Lafuma 823 (série XXX) / Sellier 664

 

 

 

C’est un héritier qui trouve les titres de sa maison. Dira‑t‑il : Peut‑être qu’ils sont faux ? et négligera-t‑il de les examiner ?

 

 

Esquisse d’une anecdote, dans laquelle une situation aberrante illustre par analogie la folie des incrédules qui négligent de s’informer de la vie surnaturelle.

 

Analyse détaillée...

 

Fragments connexes

 

Preuves par discours II (Laf. 428, Sel. 682). Voilà un doute d’une terrible conséquence. Ils sont dans le péril de l’éternité de misères ; et sur cela, comme si la chose n’en valait pas la peine, ils négligent d’examiner si c’est de ces opinions que le peuple reçoit avec une facilité trop crédule, ou de celles qui, étant obscures d’elles-mêmes, ont un fondement très solide, quoique caché. Ainsi ils ne savent s’il y a vérité ou fausseté dans la chose, ni s’il y a force ou faiblesse dans les preuves. Ils les ont devant les yeux ; ils refusent d’y regarder, et, dans cette ignorance, ils prennent le parti de faire tout ce qu’il faut pour tomber dans ce malheur au cas qu’il soit, d’attendre à en faire l’épreuve à la mort, d’être cependant fort satisfaits en cet état, d’en faire profession et enfin d’en faire vanité. Peut-on penser sérieusement à l’importance de cette affaire sans avoir horreur d’une conduite si extravagante ?

Ce repos dans cette ignorance est une chose monstrueuse, et dont il faut faire sentir l’extravagance et la stupidité à ceux qui y passent leur vie, en la leur représentant à eux-mêmes, pour les confondre par la vue de leur folie. Car voici comment raisonnent les hommes, quand ils choisissent de vivre dans cette ignorance de ce qu’ils sont et sans en rechercher d’éclaircissement. « Je ne sais », disent-ils.

Pensées diverses (Laf. 432 série XXX, Sel. 662). Est-ce qu’ils sont si fermes qu’ils soient insensibles à tout ce qui les touche ? Éprouvons-les dans la perte des biens ou de l’honneur. Quoi ! c’est un enchantement.

 

Mots-clés : FauxHéritierTitre.