Pensées diverses III – Fragment n° 51 / 85 – Papier original : RO 433-2

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 136 p. 377 v° / C2 : p. 335 v°-337

Éditions de Port-Royal : Chap. XXIX - Pensées morales : 1669 et janvier 1670 p. 285/ 1678 n° 31 p. 281-282

Éditions savantes : Faugère I, 202, LXXI ; I, 192, XLV / Havet XXV.65, VI.24 / Michaut 720 et 721 / Brunschvicg 119 et 382 / Tourneur p. 104-4 / Le Guern 592 / Lafuma 698 et 699 (série XXV) / Sellier 577

 

 

 

Nature s’imite.

 

La nature s’imite : une graine jetée en bonne terre produit ; un principe jeté dans un bon esprit produit.

Les nombres imitent l’espace, qui sont de nature si différente.

Tout est fait et conduit par un même maître.

La racine, les branches, les fruits, les principes, les conséquences.

 

Quand tout se remue également, rien ne se remue en apparence comme en un vaisseau : quand tous vont vers le débordement, nul n’y semble aller. Celui qui s’arrête fait remarquer l’emportement des autres, comme un point fixe.

 

 

Le papier comporte deux parties. La seconde répond au même problème que dans le fragment précédent, et permet d’observer la manière dont Pascal élabore progressivement une comparaison entre réalité physique et morale.

La première propose une réflexion complexe sur les analogies qui existent au sein de la nature, entre des choses qui paraissent complètement hétérogènes.

Les deux réflexions sont en cours et attendent un développement.

 

Analyse détaillée...

 

Fragments connexes

 

Pensées diverses (Laf. 541, Sel. 459). Nature diversifie et imite. Artifice imite et diversifie. (texte barré verticalement)

Pensées diverses (Laf. 660, Sel. 544). Spongia Solis.

Quand nous voyons un effet arriver toujours de même nous en concluons une nécessité naturelle, comme qu’il sera demain jour, etc. Mais souvent la nature nous dément et ne s’assujettit pas à ses propres règles.

Pensées diverses (Laf. 663, Sel. 544). La nature recommence toujours les mêmes choses, les ans, les jours, les heures, les espaces de même. Et les nombres sont bout à bout, à la suite l’un de l’autre ; ainsi se fait une espèce d’infini et d’éternel. Ce n’est pas qu’il y ait rien de tout cela qui soit infini et éternel, mais ces êtres terminés se multiplient infiniment. Ainsi il n’y a ce me semble que le nombre, qui les multiplie, qui soit infini.

Pensées diverses (Laf. 697, Sel. 576). Ceux qui sont dans le dérèglement disent à ceux qui sont dans l’ordre que ce sont eux qui s’éloignent de la nature et ils la croient suivre, comme ceux qui sont dans un vaisseau croient que ceux qui sont au bord fuient. Le langage est pareil de tous côtés. Il faut avoir un point fixe pour en juger. Le port juge ceux qui sont dans un vaisseau, mais où prendrons-nous un port dans la morale ?

 

Mots-clés : ApparenceConséquenceDifférenceEspaceEspritGraineImitationMaîtreNatureNombrePoint fixePrincipeRacineTerre –  Vaisseau.