Pensées diverses III – Fragment n° 1 / 85 – Papier original : RO 441-3

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 115 p. 365 / C2 : p. 321

Éditions savantes : Faugère I, 211, CVIII / Havet XXV.68 et 69 / Brunschvicg 13 et 42 / Tourneur p. 95 / Le Guern 542 / Lafuma 635 et 636 (série XXV) / Sellier 528

 

 

 

On aime à voir l’erreur, la passion de Cléobuline, parce qu’elle ne la connaît pas. Elle déplairait si elle n’était trompée.

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Prince à un roi plaît pource qu’il diminue sa qualité.

 

 

 

Les deux parties du fragment touchent le même sujet, l’art de plaire ou d’agréer, dans son rapport avec l’amour propre : les expressions qui plaisent ou déplaisent.

Dans un cas, c’est la conduite d’un personnage de roman qui plaît, parce que le lecteur se sent capable de le comprendre mieux qu’il ne se comprend lui-même.

Dans le second cas, c’est une expression qui plaît, parce qu’elle flatte l’orgueil de celui qui l’emploie.

 

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Fragments connexes

 

Vanité 32 (Laf. 46, Sel. 79). La cause et les effets de l’amour.

Pensées diverses (Laf. 773, Sel. 637). Rien ne nous plaît que le combat mais non pas la victoire.

On aime à voir les combats des animaux, non le vainqueur acharné sur le vaincu. Que voulait-on voir sinon la fin de la victoire et dès qu’elle arrive on en est saoul. Ainsi dans le jeu, ainsi dans la recherche de la vérité. On aime à voir dans les disputes le combat des opinions mais de contempler la vérité trouvée ? point du tout. Pour la faire remarquer avec plaisir il faut la faire voir naître de la dispute. De même dans les passions il y a du plaisir à voir deux contraires se heurter, mais quand l’une est maîtresse ce n’est plus que brutalité.

 

Mots-clés : Cléobuline ConnaîtreDéplaireErreurPassionPlairePrinceQualitéRoiTromper.