Pensées diverses III – Fragment n° 85 / 85 – Papier original : RO 437-1

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 150 p. 383 v° / C2 : p. 343 v°

Éditions savantes : Faugère I, 273, XXV / Havet Prov. n° 437 p. 289 / Brunschvicg 931 / Tourneur p. 111-2 / Le Guern 621 / Lafuma 729 (série XXV) / Sellier 611

 

 

 

Casuistes.

 

Une aumône considérable, une pénitence raisonnable : encore qu’on ne puisse assigner le juste, on voit bien ce qui ne l’est pas. Les casuistes sont plaisants de croire pouvoir interpréter cela comme ils font.

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Gens qui s’accoutument à mal parler et à mal penser.

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Leur grand nombre, loin de marquer leur perfection, marque le contraire.

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L’humilité d’un seul fait l’orgueil de plusieurs.

 

 

Fragment polémique contre les casuistes et les jésuites, préparation des Provinciales.

 

Analyse détaillée...

 

Fragments connexes

 

Transition 6 (Laf. 200, Sel. 232). Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir.

Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.

Preuves par discours I (Laf. 418, Sel. 680).

Miracles III (Laf. 905, Sel. 450). Pyrrhonisme.

Chaque chose est ici vraie en partie, fausse en partie. La vérité essentielle n’est point ainsi, elle est toute pure et toute vraie. Ce mélange la déshonore et l’anéantit. Rien n’est purement vrai et ainsi rien n’est vrai en l’entendant du pur vrai. On dira qu’il est vrai que l’homicide est mauvais : oui, car nous connaissons bien le mal et le faux. Mais que dira-t-on qui soit bon ? La chasteté ? Je dis que non, car le monde finirait. Le mariage ? non, la continence vaut mieux. De ne point tuer ? non, car les désordres seraient horribles, et les méchants tueraient tous les bons. De tuer ? non, car cela détruit la nature. Nous n’avons ni vrai, ni bien que en partie, et mêlé de mal et de faux.

 

Laf. 958, Sel. 793. C’est à quoi sert Diana.

[...]

11. Et ailleurs l’on n’est pas obligé de donner l’aumône de son superflu dans les communes nécessités des pauvres. Si le contraire était vrai il faudrait condamner la plupart des riches et de leurs confesseurs.

Ces raisons-là m’impatientaient lorsque je dis au Père : mais qui empêche de dire qu’ils le sont ?

C’est ce qu’il a prévu aussi en ce lieu me répondit-il, ou après avoir dit 22. Si cela était vrai les plus riches seraient damnés il ajoute : à cela Arragonius répond qu’ils le sont aussi et Bauny, jésuite ajoute, de plus, que leurs confesseurs le sont de même mais je réponds avec Valentia, autre jésuite, et d’autres auteurs qu’il y a plusieurs raisons pour excuser ces riches et leurs confesseurs.

 

Mots-clés : AumôneCasuisteCoutumeHumilitéInterprétationJusteOrgueilParlerPénitencePenser.