Dossier de travail - Fragment n° 3 / 35  – Papier original : RO 489-7

Copies manuscrites du XVIIe s. : C1 : n° 2 p. 191 / C2 : p. 1

Éditions savantes : Faugère II, 270, II / Michaut 871 / Brunschvicg 707 / Tourneur p. 299-3 / Le Guern 364 / Lafuma 385 / Sellier 4

 

 

 

Mais ce n’était pas assez que les prophéties fussent, il fallait qu’elles fussent distribuées par tous les lieux et conservées dans tous les temps.

Et afin qu’on ne prît point tout cela pour un effet du hasard il fallait que cela fût prédit.

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Il est bien plus glorieux au Messie qu’ils soient les spectateurs et même les instruments de sa gloire, outre que Dieu les ait réservés.

 

 

Dans ce fragment, Pascal rappelle les conditions qui ont fait du peuple juif le plus grand témoin de Jésus-Christ, et le signe vivant de sa Révélation. La seconde partie souligne que la condition qui a été celle de ce peuple a servi à relever la gloire du Messie qu’il a précisément refusé.

 

Analyse détaillée...

 

Fragments connexes

 

Ordre 1 (Laf. 1, Sel. 37). La qualité de témoins fait qu’il faut qu’ils soient toujours, et partout, et misérables. Il est seul.

Loi figurative 17 (Laf. 262, Sel. 293). Que pouvaient faire les Juifs, ses ennemis ? S’ils le recevaient ils le prouvent par leur réception, car les dépositaires de l’attente du Messie le reçoivent et s’ils le renoncent ils le prouvent par leur renonciation.

Prophéties 5 (Laf. 326, Sel. 358). Et ce qui couronne tout cela est la prédiction afin qu’on ne dît point que c’est le hasard qui l’a fait.

Quiconque n’ayant plus que huit jours à vivre ne trouvera pas que le parti est de croire que tout cela n’est pas un coup du hasard.

Or si les passions ne nous tenaient point, huit jours et cent ans sont une même chose.

Prophéties 15 (Laf. 335, Sel. 368). La plus grande des preuves de Jésus‑Christ sont les prophéties. C’est aussi à quoi Dieu a le plus pourvu, car l’événement qui les a remplies est un miracle subsistant depuis la naissance de l’Église jusques à la fin. Aussi Dieu a suscité des prophètes durant mille six cents ans, et pendant quatre cents ans après il a dispersé toutes ces prophéties avec tous les Juifs qui les portaient dans tous les lieux du monde. Voilà quelle a été la préparation à la naissance de Jésus‑Christ, dont l’Évangile devant être cru de tout le monde il a fallu non seulement qu’il y ait eu des prophéties pour le faire croire, mais que ces prophéties fussent par tout le monde pour le faire embrasser par tout le monde.

Prophéties 18 (Laf. 339, Sel. 371). Les prophètes ayant donné diverses marques qui devaient toutes arriver à l’avènement du Messie il fallait que toutes ces marques arrivassent en même temps. Ainsi il fallait que la quatrième monarchie fût venue lorsque les septante semaines de Danielseraient accomplies et que le sceptre fût alors ôté de Juda. Et tout cela est arrivé sans aucune difficulté et qu’alors il arrivât le Messie et Jésus-Christ est arrivé alors qui s’est dit le Messie et tout cela est encore sans difficulté et cela marque bien la vérité des prophéties.

Dossier de travail (Laf. 391, Sel. 10). Si cela est si clairement prédit aux Juifs comment ne l’ont-ils point cru ou comment n’ont-ils point été exterminés de résister à une chose si claire. Je réponds. Premièrement cela a été prédit, et qu’ils ne croiraient point une chose si claire et qu’ils ne seraient point exterminés. Et rien n’est plus glorieux au Messie, car il ne suffisait pas qu’il y eût des prophètes il fallait qu’ils fussent conservés sans soupçon, or, etc.

Preuves par les Juifs V (Laf. 456, Sel. 696). Ceci est effectif : pendant que tous les philosophes se séparent en différentes sectes il se trouve en un coin du monde des gens qui sont les plus anciens du monde, déclarent que tout le monde est dans l’erreur, que Dieu leur a révélé la vérité, qu’elle sera toujours sur la terre. En effet toutes les autres sectes cessent ; celle-là dure toujours et depuis quatre mille ans ils déclarent qu’ils tiennent de leurs ancêtres que l’homme est déchu de la communication avec Dieu dans un entier éloignement de Dieu, mais qu’il a promis de les racheter, que cette doctrine serait toujours sur la terre, que leur loi a double sens.

Que durant mille six cents ans ils ont eu des gens qu’ils ont cru prophètes qui ont prédit le temps et la manière.

Que quatre cents ans après ils ont été épars partout, parce que J.-C. devait être annoncé partout.

Que J.-C. est venu en la manière et au temps prédit.

Que depuis les juifs sont épars partout en malédiction, et subsistants néanmoins.

 

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